Je voudrai que vous sachiez : je l'ai aimé trop fort. Je l'ai aimé de toutes mes forces. Ma vie n'a tourné qu'autour de lui, vraiment. Il ne me disait pas tant de jolies choses; juste assez pour m'accrocher comme une dingue et juste pas assez pour rester un brin inaccessible. Il a été parfait dans son rôle de petit con, je vous assure. Je me suis détruite pour lui, si vous saviez. Tous les soirs j'en étais a chialer toute seule parce que j'avais pas ce que je voulais, je désespérais sans relâche. J'avais fini par remettre toute la faute sur moi. Je m'étais perdue. Un beau traquenard. Il avait monopolisée tout mon esprit du début jusqu'à la fin. Et ça a duré longtemps. J'ai pensé que c'en était fini pour moi, que j'étais empourpré là-dedans pour toujours, que j'étais loin d'être apte à oublier quoi que ce soit après tout ce qu'on s'était dit. Je me voyais faible, vulnérable comme jamais. Prise au piège. Je me prenais tous les coups mais j'en étais à un point où je m'en foutais puisque je t'avais encore ne serait-ce qu'un peu dans ma vie. C'est tout ce qui comptait. Quelle naïveté, vous me direz. L'amour rend fou, j'étais folle. Les jours défilaient et c'était toujours la même rengaine; toi toi toi. Il n'y avait plus que toi. Et puis il y a eu le temps. Il y a eu la vie. Tu t'es effacé petit à petit, puis tu es revenu, mais doucement, sûrement, tu t'es effacé de moi. Il y a eu un déclic un jour, quelque chose comme une révélation, une annonce : tu n'étais plus rien pour moi, mon amour. Et c'est depuis ceci que je peux vous dire avec certitude; confiez votre amour au temps, le temps efface tout, le temps estompe la douleur, et avec beaucoup de patience tout finit par s'effacer, croyez-moi, tout finit par devenir moins douloureux un jour.











